Affection (nom féminin, subst. féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XII e siècle, au sens 2. Emprunté du latin affectio, « disposition de l'âme résultant d'une influence subie ».
1. Class. Mouvement de la sensibilité qui s'accompagne de plaisir ou de douleur. Des s douces, déréglées. Modification non durable du sujet. La colère est, selon Aristote, une de l'âme.
2. Attachement tendre, constant, durable pour une personne. Porter, montrer, témoigner de l' à quelqu'un. Il nous a souvent donné des marques d'affection. Avoir, éprouver de l' pour quelqu'un. Prendre une personne en , se prendre d' pour une personne, s'attacher à elle. Il a su gagner notre .
3. Altération de la santé, considérée dans ses symptômes. Affection aiguë, chronique. Le médecin a diagnostiqué une cardiaque.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Sentiment qui fait qu'on aime quelque personne avec attachement, qu'on se plaît à quelque chose, qu'on s'y porte avec ardeur. "Tendre . Affection paternelle. Affection maternelle. Sentiment d'affection. Témoignage d'affection. Faire une chose par pour quelqu'un. Avoir de l' pour quelqu'un. Porter de l'affection à quelqu'un. C'est le cadet qui est l'objet des s de sa mère. Il n'a d' pour rien. Il n'a d' à rien. Il a pris la peinture en . La personne en qui il avait mis ses s. Il a son art en . Il se porte à cette étude par . Il s'y livre" "avec . Il en parle d'affection. Chaque jour on se détache de quelqu'une de ses s."
Il se dit, dans une acception générale, pour désigner Divers mouvements de l'âme. "Les affections de l'âme. Affections humaines, naturelles. Toutes ses s sont douces. Affections déréglées."
AFFECTION, en termes de Médecine, est synonyme de MALADIE. "Affection nerveuse. Affection hystérique. Affection aiguë, chronique."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Ce que le corps éprouve, surtout en fait de maladie. Les s causées par l'impression d'un air froid et humide. Dans ces sortes d'affections l'exercice est nécessaire. Il a une rhumatismale. Les s de poitrine.

 2   Manière d'être de l'âme considérée comme touchée de quelque objet. Les s de l'âme. Les s de nos âmes sont dans un flux continuel.
BOURD.: « Ah ! j'en conviens, et telle est notre misère : il y a de ces temps orageux où l'on n'est proprement maître ni de son esprit par rapport à l'attention que demande la prière, ni de son coeur par rapport à une certaine »
BUFFON: « Cet ordre d'idées, cette suite de pensées qui existe au dedans de nous-mêmes, quoique fort différente des objets qui les causent, ne laisse pas que d'être l' la plus réelle de notre individu »

 3   En un sens philosophique plus restreint, toute situation passive de l'âme.

 4   Sentiment d'amitié, d'amour, d'attachement pour une personne ou une chose. Les s de la famille. Les anciens disaient que l'amour de la famille renferme toutes les s. Avoir de l' pour quelqu'un. L' que je vous ai toujours portée. La malveillance essayait de lui faire perdre votre . C'est par des services que se gagne l'affection. Les s aveugles. Chacun se rappelait les objets de ses s. Cette ville, vos plus chères s.
CORN.: « Car enfin n'attends pas de mon Un lâche repentir d'une bonne action »
CORN.: « Je donnai par devoir à son Tout ce que l'autre avait par inclination »
VOIT.: « Une parfaite vaut mieux que toutes choses ; celle que j'ai à vous servir est à un si haut point.... »
FLÉCH.: « Vous avez mis votre à une créature mortelle »
FLÉCH.: « Affection d'un père pour ses enfants »
FÉN.: « Il s'appliqua à gagner l' des vieux capitaines »
MASS.: « Quiconque met ses s ici-bas n'a plus de droit à la patrie »
MALH.: « Ressouviens-toi qu'une action Ne peut avoir peu de mérite, Ayant beaucoup d'affection »
BOSSUET: « L'âme, afin de suppléer la présence de l'objet qu'elle aime, fait effort pour rendre sa douleur immortelle : son envers la mémoire de son ami et le désir de le faire revivre lui fait prendre tous les moyens qui peuvent réparer sa perte »

 5   D'affection, loc. adverb. Avec intérêt, de coeur.
SÉV.: « Il est impossible de se la représenter parlant d' de quelque chose »

 6   Affection à, désir de.
PASC.: « Pour des choses où il a plus d'affection »
SAINT-SIMON: « M. de Noailles savait par le roi même l' qu'il avait à ce projet [siége de Barcelonne] »
FLÉCH.: « En se dépouillant du péché et des s au péché »
FLÉCH.: « N'est-il resté aucun péché, aucune au péché dans votre coeur ? »

 7   État maladif. Affection nerveuse, aiguë, chronique.

 8   En géométrie, cette courbe a telle , elle a telle propriété.
    En ce sens il est vieux.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
ST BERN.: « Je sai bien ke li orguillous engele sunt trespasseit en de malice et de felonie, et k'il par non sachance et par enfermeteit ne pecharent mie »
    XIVème siècle
ORESME: « Il ne reçoit ou accepte les paroles des autres ou ne les contre dit pas par amisté ne par affettion d'amour ou de haine »
ORESME: « Il se esjoissent de tel honneur comme d'un signe de la bonne affettion des segneurs à eulz »
    XVème siècle
     Bouciq. I, 16: Aux oeuvres non aux paroles se demonstrent les s du vaillant preux
FROISS.: « [Les bourgeois tenoient le capitaine de la ville prisonnier pour le forcer de consentir à capituler avec les Anglois] Le chevalier perçut bien l' qu'ils avoient aux Anglois et comment ils le tenoient en danger »
COMM.: « Monseigneur Charles de France et Monseigneur de Charolois estoient à une fenestre et parloient eulx deux de très grant »
    XVIème siècle
CALVIN: « .... de lui porter de nuisance »
MONT.: « Son [goût] mesme y contredisant »
MONT.: « Quelle [émotion] peult estre plus aspre et plus juste, que celle des amis de Pompeius [le voyant massacrer] ? »
MONT.: « J'ay en particuliere cette matiere »
MONT.: « La resolution à la guerre et à leurs femmes »
MONT.: « Antigonus ayant prins en un de ses soldats pour sa vertu »
MARG.: « Je m'en remets à vostre jugement, vous priant sans moquerie luy en vouloir conseiller ce qu'il en doit faire, sans regarder particuliere »
MARG.: « Je vous prie de prendre ceste maison en telle que j'ay tousjours eue et ay la vostre »
LANOUE: « La jeunesse qui est si ardante en ses s.... »
D'AUB.: « Ce prince ayant parlé à ces mots, comme il faisoit ordinairement quand il parloit d' [avec animation], lui repliqua.... »
RONS.: « Jà de vostre costé vous avez apperceuë La moindre que pour vous j'ay receuë »

ÉTYMOLOGIE
    Affectio, de afficere, de ad (voy. à) et facere (voy. FAIRE) ; provenç. affectio ; espagn. afeccion ; ital. affezione.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Sentiment qui fait qu'on aime, qu'on préfère quelque personne, qu'on se plaît à quelque chose, qu'on s'y porte avec ardeur. "Tendre . Affection paternelle. Affection maternelle. Sentiment d'affection. Témoignage d'affection. Faire une chose par pour quelqu'un. Avoir de l' pour quelqu'un. Porter de l' à quelqu'un. Mettre son à une personne, à une chose. C'est le cadet qui est l'objet des s de la mère. Il n'a d' pour rien. Il n'a à rien. Il a pris la peinture en . Il a son art en . Il se porte à cette étude par . Il s'y livre avec . Il en parle d'affection. Chaque jour on se détache de quelqu'une de ses s."
Il se dit, dans une acception générale, pour désigner Divers mouvements de l'âme. "Les s de l'âme. Affections humaines, naturelles. Toutes ses s sont douces. Affections déréglées."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en termes de Médecine, est synonyme de Maladie. "Affection nerveuse. Affection hystérique. Affection aiguë, chronique."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Sentiment qui fait qu'on aime quelque personne, qu'on se plaît à quelque chose. "Tendre . Affection paternelle. Affection maternelle. Avoir de l'affection pour quelqu'un. Porter de l' à quelqu'un. Mettre son à une personne, à une chose. C'est le cadet qui est l'objet des s de la mère. Il n'a d' pour rien. Il n'a à rien".
Il se dit aussi De l'ardeur avec laquelle on se porte à dire, ou à faire quelque chose par sentiment d'affection. "Se porter à quelque chose avec , par . En parler d'affection".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Affection, en termes de Médecine, signifie Une impression fâcheuse dans toute l'habitude du corps, ou dans quelqu'une de ses parties. "Affection mélancolique. Affectionhystérique".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Amour. Sentiment qui fait qu'on aime quelque personne, qu'on se plaît à quelque chose. "Tendre . Affection paternelle. Affection maternelle. Avoir de l' pour quelqu'un. Porter de l' à quelqu'un. Mettre son à une personne, à une chose. C'est le cadet qui est l'objet des s de la mère. Il n'a de l' que pour les livres, pour la chasse. Il n'a d' pour rien. Il n'a à rien."
Il se dit aussi de L'ardeur avec laquelle on se porte à dire, ou à faire quelque chose par sentiment d'affection. "Se porter à quelque chose avec . En parler d'affection."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



En termes de Médecine, signifie Une impression fâcheuse dans toute l'habitude du corps, ou dans quelqu'une de ses parties. "Affection mélancolique. Affection histérique."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)




AFFECTION, ou AFECTION, s. f. [Afèk-cion, et en vers ci-on.] Amour, attachement. Affection paternelle, maternelle. Avoir de l' pour quelqu'un. Mettre son à une persone, à une chôse.
- Porter de l' à une persone, etc.
   * Rem. 1°. On le disait autrefois pour passion, envie, desir, avec la prép. de devant les verbes. 'J'ai une grande de vous servir: on ne le dit plus, depuis la remarque du P. Bouhours. = On disait aussi avoir de l' pour le mérite de, pour votre mérite; c'est encore du vieux langage. Avoir de l' pour, ne se dit que des persones.
   * 2°. Ce substantif ne se dit au pluriel que dans le langage ascétique. 'Il sembloit que le même esprit qui a dicté ces passages aux Prophètes, les lui inspirât, (à M. Seguier) pour en tirer les plus tendres affections. Mascar. Hors de-là, on l'emploie au singulier, même quand on parle de plusieurs. 'Il se faisoit écouter avec plaisir de ses Auditeurs, et gagnoit leurs s. On doit dire, leur , comme on dit, leur amitié, leur estime, et non pas leurs estimes, leurs amitiés. = Voiture fesait un grand usage de ce mot, et ses lettres en sont pleines. Il l' employait volontiers au pluriel. L'Acad. met en exemple: 'Le cadet est l'objet des s de la mère. Mais c'est un exemple peut être unique, et une exception de la règle générale.
   En termes de Médecine, affection est une impression fâcheuse; Affection mélancolique, scorbutique, scrofuleûse, etc.




Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Inclination, passion qui fait qu'on veut du bien à quelqu'un, ou qu'on se plaist à quelque chose. "Affection particuliere, extraordinaire, paternelle. avoir de l' pour quelqu'un. luy porter de l'affection. mettre son à une chose, à une personne. toute son est aux livres, à la chasse. l'objet de ses s".
"Affection," Se dit aussi de l'ardeur avec laquelle on se porte à dire, à faire quelque chose. "Je le feray avec . j'ay grande de le servir. il parle d'affection, avec ".




Emplacement dans le dictionnaire :

affamer
afféage
afféagement
afféager
affectant
affectation
affecté
affecter
affectif

affectionné
affectionner
affectivité
affectueûsement
affectueusement
affectueux
affenage
afférent
affermage
afferme
affermé




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...son bonnet pour se coiffer. Mais c'est égal, l'idée qu'il faudrait me toucher pour essayer de sortir le retenait encore. Moi aussi, j'étais dans un mauvais jour et je ne sentais plus rien de cette affection qui avait duré tant d'années, pardonné tant de choses. Je voyais devant moi le forban ivre, ingrat, révolté, et c'était tout. Au fond de chaque homme, il y a toujours un sauvage caché qui veille,...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...enfant gâté et capricieux, c'est lui à présent, à l'heure de mon départ, qui m'entoure de mille petites prévenances, presque enfantines, ne sachant plus comment s'y prendre pour me montrer assez son affection. Et cette manière d'être a plus de charme chez lui, parce qu'elle n'est pas dans sa nature habituelle. Ce temps que nous venons de passer ensemble, dans une intimité fraternelle de chaque jour, n'a...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...ce soir ; peut-être était-ce ma première vraie impression d'attachement au foyer-et d'inquiétude triste, à la pensée de tout l'immense inconnu du dehors. Ce devait être aussi mon premier instant d'affection consciente pour ces figures vénérées de tantes et de grand'mères qui ont entouré mon enfance et que, à cette heure de vague anxiété crépusculaire, j'aurais désiré avoir toutes, à leurs places...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...des bouts de papier mystérieux, il nous faisait passer constamment les rimes les plus suaves à elle dédiées et où son nom en a revenait fréquemment comme un parfum de cosmétique. Malgré toute mon affection pour lui, ces poésies me faisaient sourire de pitié agacée. Elles ont été en partie causes que jamais, jamais, à aucune époque de ma vie, l'idée ne m'est venue de composer un seul vers, -ce qui est...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...est une sorte de crise ; il naît, dure un moment et meurt ; la vie, au contraire, est continue. Ce qui en fait le charme fondamental doit être continu comme elle. Le plaisir est local : c'est une affection limitée à un point de l'organisme ou de la conscience ; la vie ne réside ni ici ni là, mais elle est partout. Notre attachement pour elle doit donc tenir à quelque cause également générale. En un...


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